Et si Tony Blair avait raison?
Par Jean-Jacques GUILLET jeudi 23 juin 2005 :: Actualités
Bien sûr, il défend avec force le rabais britannique. Mais l’égoïsme anglais n’a aucun mal à se nourrir de vrais arguments. La refondation de l’Europe est, à l’évidence, une impérieuse nécessité. Un élan nouveau, que peine à donner le couple franco-allemand, s’impose après l’échec du traité constitutionnel et celui du sommet de Bruxelles. Nous ne pouvons ainsi conserver en l’état une politique agricole commune qui n’a presque pas changé depuis 40 ans. Le défi du monde de demain, nourrir une population en expansion, ne peut s’en satisfaire. Le Brésil, l’Argentine, sont déjà des géants agricoles dont la concurrence condamne, à terme, dans une économie mondialisée, nos modes de production. Il faut changer, imaginer quelque chose de nouveau, correspondant aux demandes des consommateurs et aux impératifs environnementaux. De même, l’accent doit être mis sur l’innovation et la recherche. L’utilité de l’Europe, sa valeur ajoutée, est là : créer de nouvelles richesses, de nouveaux métiers, des emplois. Cela passe par une réforme en profondeur que la crise actuelle doit pouvoir faire émerger. Arrêtons de nous lamenter sur les échecs, désormais derrière nous, et regardons l’avenir en face. C’est peut-être dur à écrire mais, oui, Tony BLAIR a raison de faire bouger les choses. Il est vrai qu’il bénéficie d’une nouvelle légitimité, après sa récente réélection.


