Jean-Jacques Guillet

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Et si Tony Blair avait raison?

Bien sûr, il défend avec force le rabais britannique. Mais l’égoïsme anglais n’a aucun mal à se nourrir de vrais arguments. La refondation de l’Europe est, à l’évidence, une impérieuse nécessité. Un élan nouveau, que peine à donner le couple franco-allemand, s’impose après l’échec du traité constitutionnel et celui du sommet de Bruxelles. Nous ne pouvons ainsi conserver en l’état une politique agricole commune qui n’a presque pas changé depuis 40 ans. Le défi du monde de demain, nourrir une population en expansion, ne peut s’en satisfaire. Le Brésil, l’Argentine, sont déjà des géants agricoles dont la concurrence condamne, à terme, dans une économie mondialisée, nos modes de production. Il faut changer, imaginer quelque chose de nouveau, correspondant aux demandes des consommateurs et aux impératifs environnementaux. De même, l’accent doit être mis sur l’innovation et la recherche. L’utilité de l’Europe, sa valeur ajoutée, est là : créer de nouvelles richesses, de nouveaux métiers, des emplois. Cela passe par une réforme en profondeur que la crise actuelle doit pouvoir faire émerger. Arrêtons de nous lamenter sur les échecs, désormais derrière nous, et regardons l’avenir en face. C’est peut-être dur à écrire mais, oui, Tony BLAIR a raison de faire bouger les choses. Il est vrai qu’il bénéficie d’une nouvelle légitimité, après sa récente réélection.

ISF et résidence principale

Avec certains de mes collègues, j'ai déposé une proposition de loi visant à exclure la résidence principale des valeurs imposables au regard de l'Impôt sur la Fortune. Aujourd'hui, du fait de la forte hausse de l'immobilier de ces dernières années, la résidence principale est devenue une des sources essentielles de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) : 90 % des contribuables assujettis à cet impôt déclarent une fortune comprise entre 720 000 euros et 1,4 million d'euros - leur résidence principale entrant pour beaucoup, sinon pour l'essentiel, dans cette impôt déclaré. Or, les revenus de ces personnes assujettis à l'ISF ne correspondent souvent pas à la valeur du patrimoine qu'ils détiennent. En effet, les fortes disparités du prix de l'immobilier sur le territoire français rendent particulièrement inéquitable cet impôt. Ainsi, un appartement d'une surface de 120 mètres carrés a une valeur vénale réelle bien plus forte en, Ile-de-France ou en PACA que dans d'autres régions françaises. Alors que le gouvernement tente de faciliter l'accession à la propriété du plus grand nombre de nos concitoyens, il me semble primordial de commencer par retirer la résidence principale de l'assiette de l'ISF. Est-il acceptable de pénaliser les Français qui ont souvent mis toute une vie à devenir propriétaire de leur logement ? La résidence principale doit être exclusive de toute taxation car elle est la manifestation du droit de propriété que chaque Français souhaite pouvoir un jour exercer. Je suis convaincu par ailleurs et je continuerai de le dire au cours des prochaines discussions budgétaires qu'il faut supprimer l'ISF parce qu'il est inéquitable, qu'il encourage la fuite des capitaux et qu'il ne favorise pas la compétitivité de notre pays, tout en rapportant peu aux finances de l'Etat.

Sommet de Bruxelles

Faire une pause, demander un report de l'examen du Traité constitutionnel, est-ce la bonne solution aujourd'hui pour l'Europe ? N'est-ce pas accepter de la « mettre en panne » ? Il nous faut sortir du non-dit, de cette atmosphère de conclave qui prévaut parfois au sein des instances communautaires. Il doit y avoir un vrai débat pour assurer une refondation de l'Europe que tous estiment indispensable. Reste à savoir si les gouvernements actuels, dans quelque Etat que ce soit, ont la légitimité pour accomplir cette refondation. Peuples et Gouvernements sont au moins d'accord sur ce point : il faut faire l'Europe et faire en sorte que les citoyens se l'approprient. Et ce processus ne pourra s'effectuer si l'on prive les peuples d'un vrai débat. L'Union européenne est usée. Elle a besoin de se remettre en cause et les difficultés budgétaires actuelles ne sont que les prémisses des discussions qu'il conviendra que nous engagions tous ensemble pour améliorer le fonctionnement des institutions communautaires. Les divergences budgétaires indiquent bien les limites de cet exercice même si le bon sens me porte à penser qu'effectivement le système de la PAC est réformer et que le rabais britannique n'est plus concevable.

Polémique sur une libération

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Mesures contre les multirécidivistes

Revenu au Ministère de l’Intérieur, Nicolas SARKOZY a annoncé hier à l’Assemblée Nationale qu’il ferait, avant le 14 juillet, des propositions pour sanctionner sévèrement les multirécidivistes. Le crime dont a été victime une femme à la Ferté-sous-Jouarre illustre une fois encore l’urgence qu’il y a à s’attaquer à ce fléau. Mais il s’agit aussi de lutter contre la petite délinquance. Comment admettre que l’on retrouve dix fois, vingt fois, parfois devant le même Tribunal, les mêmes voyous, pour les mêmes faits. Il faut instaurer une graduation des sanctions. Les Députés y sont décidés. Les magistrats bloquent. Je ne doute pas que l’énergie de Nicolas SARKOZY permette de surmonter rapidement les obstacles et rappelle que ce sont les élus de la Nation qui décident. Le gouvernement de la République ne saurait être l’instrument de quelque groupe de pression que ce soit.

Immigration choisie

Mieux vaut tard que jamais. Grâce à Nicolas SARKOZY, le Gouvernement défend désormais le principe d’une immigration choisie c’est-à-dire, même si le mot n’est pas utilisé, de quotas établis sur la qualification. J’étais de ceux qui le demandaient depuis de longues années, me heurtant à un tabou, c’est-à-dire à une superstition selon laquelle une politique de quotas était contraire à nos valeurs républicaines ! C’est le contraire qui est vrai. Celles-ci sont mises à mal par une immigration incontrôlée qui engendre le communautarisme. Combien de fois n’ai-je été confronté, en particulier lors de mes permanences en mairie, à des cas douloureux d’ingénieurs ou de techniciens étrangers, très qualifiés, engagés par des entreprises françaises, parfaitement francophones, qui se voyaient du jour au lendemain reconduits à la frontière tandis que d’autres immigrés s’installaient clandestinement sur notre territoire, bénéficiant peu à peu de nombreux avantages sociaux, par l’exemple l’aide médicale d’Etat (AME). Le bon sens reprend ainsi ses droits. Mais nous ne pourrons réussir si nous n’apportons pas une aide significative au développement des pays pauvres. Le taux de 0,7 % du PIB, régulièrement rappelé dans les instances internationales, est loin d’être atteint. De même, les modes d’attribution doivent être revus. Ce grand chantier concerne au premier chef l’Afrique subsaharienne, continent aujourd’hui à la dérive, victime des guerres, de la mauvaise gouvernance, de l’exploitation frauduleuse de ses ressources naturelles, du SIDA ….. Voilà un grand projet qui pourrait nous mobiliser utilement.

Vote de confiance

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