L’augmentation des tarifs de Gaz de France exacerbe de nouveau les déclarations de ceux qui attendent des pouvoirs publics une action déterminante sur les prix de l’énergie en faveur du consommateur. Une telle politisation de ce dossier découle d’une cristallisation conceptuelle qui ignore la spécificité du secteur gazier. La France en effet, qui produit toute l’électricité qu’elle consomme, peut avoir une politique tarifaire dans ce domaine. En revanche, la quasi totalité du gaz est importée et son prix est indexé sur les cours pétroliers. Cette situation, qui d’ailleurs est celle de l’Europe entière, n’est pourtant pas nouvelle pour le consommateur français dont les factures avaient augmenté de 40% en 74-75 et de 100% en trois ans après le deuxième choc pétrolier de 79 !
La tarification publique du gaz naturel ne peut faire fi des tensions mondiales et des inquiétudes quant à la disponibilité des énergies fossiles. Une partie des hausses intervenues depuis le début de l’année, après un gel des tarifs de vingt mois, résulte précisément des atermoiements passés de la politique suivie en matière de tarifs réglementés avant 2007 et dont le Conseil de la concurrence a démontré qu’elle avait plongé l’activité de vente de Gaz de France dans le déficit. Le maintien des tarifs gaziers à un niveau artificiellement bas, déconnecté des véritables coûts de l’opérateur, a ainsi transféré une charge sur les consommateurs, voire sur les contribuables de demain. La tarification publique doit également prendre en compte les besoins d’investissements sur le réseau, à l’image de la hausse annoncée en juillet prochain et destinée notamment à donner à Gaz de France les moyens indispensables à l’exploitation et à la sécurité du réseau, notamment par la suppression des dangereuses canalisations en fonte grise, suppression qui est aujourd’hui accomplie.
Il est souhaitable que le gouvernement engage vers les Français une politique de communication expliquant les véritables enjeux énergétiques en distinguant clairement chacun des deux secteurs, électricité et gaz, qui relèvent de problématiques radicalement différentes.
Il demeure que l’établissement d’une véritable concurrence dans le secteur gazier est le meilleur moyen d’obtenir des prix acceptables tout en entrant dans une logique d’efficacité énergétique.