Jean-Jacques Guillet

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Mes vœux pour 2008


Rendez-vous le 26 janvier, au SEL de Sèvres (47-49 Grande Rue) pour la réception traditionnelle des vœux du député.

Air France et le prix du gaz

Quel rapport me direz-vous ? Il y en a un, pourtant. La libéralisation du trafic aérien, son évidente mondialisation ont conduit les gouvernements à donner à Air France un statut privé et la liberté de son développement, sans autre contrainte sur ses prix que celle du marché. En quelques années, l’entreprise s’est redressée, sous la houlette de deux présidents compétents, Christian Blanc et Jean-Cyril Spinetta, et a pris un essor tel qu’elle est devenue le premier transporteur aérien du monde.

Aujourd’hui confrontée à la concurrence des compagnies asiatiques et du Golfe, elle devient une véritable entreprise européenne, d’abord par l’absorption de KLM, puis par celle, probable, d’Alitalia.

Cette réussite est celle d’une volonté politique, qui en Italie, a été totalement absente et aboutit à la quasi-faillite de la société nationale. Or, pour l’énergie, et le gaz en particulier, les gouvernements manquent singulièrement de courage, alors qu’il y a urgence.

Gaz de France est en voie de privatisation totale. Elle assure avec succès ses missions d’approvisionnement d’une énergie qui provient totalement de l’extérieur de l’Union Européenne. Elle ne fait pas de profits scandaleux sur le dos du consommateur et assume, par ailleurs, l’entretien d’un réseau dense et précieux, dans le cadre des missions de service public qui lui sont déléguées. Elle est confrontée à l’ouverture des marchés au plan européen où elle conquière des parts significatives mais est amenée à être soumise à la concurrence. Comment dans ces conditions conserver cet archaïsme que sont les tarifs fixés par l’État ? Fixés, évidemment, à un niveau artificiellement bas, puisque le gouvernement ne peut, ni ne veut, risquer de mécontenter le consommateur. Cela aboutit, à terme, à mécontenter le citoyen. Gaz de France est pénalisée, avec un manque à gagner d’un milliard d’euros en un an et demi, somme qu’elle ne peut investir dans la recherche ou les infrastructures.

Les Français sont suffisamment mûrs pour comprendre que le prix du pétrole augmentant dans des proportions très importantes, il faut en assumer les conséquences plutôt que faire la politique de l’autruche. Avoir des entreprises énergétiques puissantes, de taille européenne, est une nécessité pour notre sécurité énergétique. Encore faut-il leur en donner les moyens.

Conférence de Bali

La 13ème conférence des parties à la convention des Nations unies sur le climat vient de s’achever à Bali, en Indonésie. Cette conférence constitue une étape importante pour la définition du futur régime international du climat, après 2012. Contrairement à ce qu’on pouvait craindre, les négociations ont permis d’avancer en établissant une feuille de route pour parvenir à un accord sur un successeur du protocole de Kyoto en 2009. Le texte de cette feuille de route prévoit que les négociations n’aborderont pas uniquement les engagements de réduction des émissions de CO2 des pays développés mais également des actions impliquant des pays de développement. Or, tel est assurément le véritable enjeu des négociations à venir. En ce qui concerne les pays développés, on ne peut naturellement que se féliciter du ralliement de l’Australie au processus de Kyoto. Quant aux Etats-Unis, si, pour l’heure, ils refusent des objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ils participeront néanmoins aux futures discussions. En outre, un changement d’attitude n’est pas à exclure, à la suite des élections présidentielles et l’entrée en fonction d’une nouvelle administration en 2009. S’agissant des pays en développement, le principal défi est d’associer les grands pays émetteurs comme la Chine au futur accord Kyoto II. A cet égard, la conférence de Bali a permis d’enregistrer des avancées importantes dans le domaine de la lutte contre la déforestation ainsi que des transferts de technologie. Ainsi, la dégradation des forêts est désormais prise en compte tandis que des indicateurs de performance relatifs à la mise en œuvre effective des transferts de technologie seront instaurés. Ces innovations visent à répondre aux attentes des grands pays émergents, dont la participation aux efforts de réduction des émissions de CO2 est essentielle pour lutter contre le réchauffement climatique. Elles doivent également permettre d’associer ces pays au futur régime international du climat. Ces avancées témoignent d’une volonté d’associer l’ensemble des pays développés et des pays émergents à la lutte contre le réchauffement de la planète. Que la Chine et les Etats-Unis soient associés à ces efforts communs, même sur des objectifs moins ambitieux que souhaités, constitue, en effet, un atout important pour l’avenir. Je tiens également à souligner une autre avancée de la conférence de Bali qui est le lancement du Fonds d’adaptation au changement climatique. Les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre doivent s’accompagner de mesures de solidarité internationale destinées à préparer les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. C’est pourquoi, le fonctionnement de ce Fonds, alimenté par un prélèvement de 2 % sur les projets MDP, est important et doit être soutenu. Enfin, la conférence de Bali a démontré, s’il en était encore besoin, le rôle moteur de l’Union européenne dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Les négociations à venir dans le cadre de la feuille de route de Bali nécessiteront une action européenne déterminée pour parvenir à un régime international du climat associant le plus d’acteurs possible.